1. Les plantes artificielles haut de gamme: les idées reçues 

Les plantes artificielles sont souvent imaginées comme de simples morceaux de plastique bas de gamme et polluants. La réalité est beaucoup plus complexe.

Nous récapitulons ici les matières de fabrication les plus fréquentes des plantes et arbres artificiels : adeptes de transparence les matières sont notées sur nos fiches descriptives et pour tous nos produits. Nombre d'articles utilisent des matériaux mixtes adaptés à la plante reproduite. 
-    Les arbustes artificiels : la grande majorité de nos gammes possèdent un tronc en bois et des feuillages en textile, identique à celui des vêtements, tentes, parapluie, et bien d’autres articles du quotidien : le polyester. Le polyéthylène est utilisé uniquement pour gainer les fils de fer des tiges sur lesquelles sont fixées des feuilles en tergal. 
-    Les troncs des arbres géants sont souvent en fibre de verre. Dans l’ensemble, les branches supérieures sont en véritable bois. 
-    Les fleurs et plantes artificielles :  nous parlons ici de plus petits gabarits. Principalement, les feuilles, les fleurons sont en tissu dit tergal. La plupart des fausses plantes sont élaborées avec des tiges en métal recouvert de plastique (PE ou PVC). Des matières naturelles sont quelques fois inclues. Le plastique utilisé peut être issu du recyclage, toutefois il est très compliqué d’avoir un pourcentage fiable. Du carton peut aussi constituer l’intérieur des tiges. 
-    Les plantes majoritairement en plastique polyéthylène ou PVC : ce choix technique est dicté par le besoin de réalisme mais aussi de résistance. Il s’agit souvent de graminées, de cactées succulentes, d’une partie des bonsaïs ou de plantes artificielles pour extérieur. 
-    Les sapins artificiels : ils sont conçus avec des épines en polyéthylène ou en PVC, l’armature est constituée de métal. 

Le plastique utilisé dans l’élaboration de nos gammes peut être issu du recyclage, toutefois à ce jour, nous sommes incapables de donner un chiffrage. Une exception, notre sapin artificiel aiguilles 100% PVC recyclé et recyclable.


2. L'Empreinte carbone: le choc des cycles de vie

De manière générale, l’impact environnemental s’évalue sur l’ensemble du cycle de vie.
L'objectif ici est de comparer "la pollution invisible" de la fabrication face à l'entretien et la culture du vivant.

La formule officielle internationale est celle-ci : émissions (CO2e) = Activité × Facteur d′émission :  consommé ou utilisé (ex : litres de carburant, kWh d’électricité, km parcourus, kg de matériaux…) et la quantité de CO₂ émise par unité (ex : kg CO₂e / litre, kg CO₂e / kWh…). Source française : ADEM référence française 

a. La face cachée du synthétique: énergie fossile et transport

•    Les matériaux : vu précédemment, ils sont souvent mixés. Certaines matières sont issues directement de la pétrochimie. 
•    Le support de maintien est souvent réalisé en béton ou résine inséré dans un petit pot en PVC. 
•    Le poids du "Made in Asie" : les plantes artificielles sont fabriquées en Chine pour quasi 100% des produits et pour le monde entier. Cela implique des livraisons sur de longues distances. L’affrètement se fait d’abord en conteneurs par voies maritimes, puis par camion.

b. Le coût écologique des plantes naturelles: culture et transport 

•    La culture : le problème réside sur l’utilisation d’intrants comme les engrais chimiques, les pesticides, les semences, l’irrigation. Les serres chauffées et de l'éclairage artificiel pour les plantes tropicales. L'impact de l'extraction de la tourbe (terreau). Les besoins en énergie souvent issues de calories carbonées. 
•    Le support de plantation d’origine est très souvent un petit pot en PVC. 
•    Le mythe de la plante dépolluante a été nuancé par une étude de la NASA « Pourquoi une plante naturelle ne remplace pas une bonne aération ».  
•    Le transport : quelques fois sur de très longues distances également. Les plantes naturelles dîtes d’ornement sont souvent importées. Cela peut impliquer camion, bateau et même avion (rapidité d'importation pour le vivant). 

En cette période troublée, le blocage du détroit d’Ormuz montre à quel point le pétrole et le gaz sont impliqués dans la culture des plantes au même titre que les cultures alimentaires. La pénurie et l’augmentation des coûts impactent directement la production d’engrais utilisés à grande échelle tout autour du globe. 


c. Le point de bascule: quand l'artificiel devient-il "rentable" ?


En théorie mais aussi au réel, la plante naturelle a un impact positif sur l’écologie, alors que le faux végétal, est peu favorable. Toutefois l’analyse de la durée de vie est indispensable quant au bilan carbone, que ce soit pour les vraies plantes ou pour les plantes synthétiques. C’est ici que la comparaison est nécessaire. En finalité, tout se joue sur le taux de renouvellement des vrais végétaux et la durée de vie des imitations de plantes. Le vivant peut être « un consommable jetable » qui s’ignore.

•    Mortalité et renouvellement des plantes naturelles d’intérieur : la durée de vie est fortement liée aux soins, aux espèces et à la luminosité. 
Selon plusieurs enquêtes internationales privées ou plus reconnues, environ 1 plante sur 5 ne survit pas plus de 1.5 à 2 ans. Cela peut aller jusqu’à +30%. Le taux augmente chez les particuliers peu engagés dans l’entretien du végétal. 

Nos Sources : Garden help / Le paradoxe du "Jardinier Paresseux" : Dans le secteur de la vente au détail (grandes surfaces), certains fournisseurs considèrent qu'une plante a "réussi" son cycle si elle survit 8 semaines chez le client (source : Jardinier Paresseux, 2021) / UNEP en France. Le taux de remplacement en entreprise. Les entreprises de paysagisme d'intérieur incluent généralement un "taux de remplacement" dans leurs contrats d'entretien. En moyenne, 10 % à 15 % du parc de plantes naturelles est remplacé chaque année à cause de maladies, du manque de lumière ou d'un arrosage inadapté / Etudes de cycle de vie (LCA) appliquées aux plantes de bureau et d'intérieur. Cabinet Ellipsos. Méthodologie standard utilisée pour comparer les impacts environnementaux normes ISO 14040 et 14044 (lien plus en aval de l’article) / Etude Hedgehog (lien plus en aval de l’article)

Les fleurs et les plantes artificielles de décoration intérieure que nous distribuons possède une durée de vie d’au moins 10 ans jusqu’à 20 ans et plus quelques fois. 

•    Comparaison sapin artificiel et sapin naturel, l'étude de référence : Ellipsos (2009) 
C'est l'Analyse de Cycle de Vie (ACV/LCA) la plus rigoureuse qui compare le sapin naturel et le sapin artificiel. Le constat : Un arbre artificiel doit être conservé au moins 8 ans pour que son impact carbone devienne inférieur à celui de l'achat répété d'arbres naturels. « Cela dit, l’arbre naturel n'est pas une solution parfaite puisqu’il présente plus d'impacts sur la qualité des écosystèmes que l'arbre artificiel. » Lien vers le résumé de l'étude (PDF)

•    Evaluation plante d’une plante réelle et artificielle composée uniquement de matériaux synthétiques (feuillages, tronc, support). 
Cette société néerlandaise, qui oriente les organisations et entreprises dans leur transition durable, met l'accent sur deux piliers: les analyses d'impact environnemental et le changement stratégique durable. L’entreprise a effectué une comparaison du cycle de vie (LCA) entre les 2 modèles de plantes vertes. Les différentes étapes de LCA sont prises en compte et décrites

    

En résumé : artificiel ou naturel, il est nécessaire de garder les 2 versions sur une longue période pour diminuer sensiblement le bilan carbone; au moins 5 ans pour une plante naturelle, au moins 8 à 10 ans pour une plante artificielle entièrement en matériaux synthétiques. 

3. Gestion des ressources et fin de vie: le défi de la durabilité


a. La consommation d'eau : L'atout majeur de la fausse plante


Le végétal naturel demande de grandes ressources d’eau. L’économie d'eau potable, particulièrement pertinente dans les zones de sécheresse ou pour les grands arbres d'ornement (ex Ficus, Palmiers).


b. Le casse-tête du recyclage : l’avantage des vraies plantes


La biodégradabilité des plantes naturelles n’est pas à démonter, elles font parties du cycle vertueux du compostage, à condition qu’elles ne soient pas gorgées de pesticides et autres produits toxiques. 
Pour les fausses plantes le sujet est plus compliqué. Bien que la majorité des matériaux utilisés soient en grande partie recyclables (polyester, PE, PVC, métal), les propriétaires ne procèdent pas au tri des différents composants. En fin de vie les plantes artificielles finissent souvent en décharge car ils sont le résultat d’un mélange de matières. Une remarque les faux arbres sont souvent formés de troncs en bois. Ces derniers sont donc biodégradables au même titre que le végétal vivant. 


4. Résumé en tableau : critères comparatifs entre vivant et copie

Critères

Plante naturelle

Plante artificielle

Énergie (cycle de vie)

Énergie modérée à élevée sur le cycle complet (production horticole, serres chauffées, irrigation, entretien domestique). Dépend fortement du mode de production.

Énergie élevée concentrée à la fabrication (polymères, transformation, assemblage), puis nulle à l’usage.

Dépendance aux ressources fossiles (pétrole)

Indirecte mais significative à très significative : production d’engrais azotés (procédé Haber-Bosch), pesticides, plastiques agricoles, fonctionnement des serres et transport dont avion.

Directe et structurelle : matériaux principalement issus de polymères pétrosourcés (PVC, polyester, polyéthylène); souvent partiellement substitués par bois/bambou.

Transport

Variable : local mais souvent international selon la filière horticole (plantes en pot, fleurs coupées). Transport récurrent possible en cas de remplacement.

Généralement transport unique jusqu’au point de vente.  Souvent produit dans des chaînes manufacturières longues distances.

Biodégradabilité / fin de vie

Biodégradabilité complète du végétal en conditions naturelles (compostage possible), sous réserve de non-contamination par traitements chimiques. Les petits conteneurs en plastique qui servent à la culture peuvent être recyclés, mais beaucoup se retrouvent en décharge (incinération ou enfouissage).

Biodégradable quand les troncs sont naturels, exemple bois/bambou. Faible biodégradabilité, dégradation lente ou inexistante selon les matériaux. Les plantes mises à la décharge (incinération ou enfouissage).

Longévité / remplacement

Durée de vie variable (semaines à années en intérieur selon conditions). Remplacement fréquent en cas de mortalité ou dépérissement.

Durée de vie généralement longue (plusieurs années à décennies). Remplacement peu fréquent, principalement pour raisons esthétiques.

Impact carbone (cycle de vie)

Variable selon production et le transport : généralement lié à la production agricole (engrais, chauffage des serres, transport, pertes et remplacements) et le lieu de production. Peut-être faible en production locale non chauffée, mais augmente fortement avec horticulture intensive. Impact carbone amorti sur une plus ou moins longue période selon mode de culture.

Concentré à la phase de fabrication (production de polymères et transformation industrielle) et transport, puis amorti sur une longue durée d’utilisation.

Consommation d'eau

Importante à très importante tout le long du cycle de vie

Nulle à faible selon les matériaux (fabrication)- un peu plus pour le PVC mais 1 fois, et celui-ci plus rare que le PE

Nos comparatifs sont basés sur des modèles et hypothèses extrêmes (sapin, monstera): une vraie plante qui perdure aussi longtemps que sa consœur factice, elle-même fabriquée uniquement de matières issue de pétrochimie + métal.

Les plantes d’imitation ne méritent pas la réputation négative qu’on leur attribue. Elles méritent d'être regardées de manière plus nuancée. En pratique, nous constatons que les plantes naturelles sont souvent remplacées dans nos intérieurs. Par ailleurs, bon nombre de nos plantes artificielles possèdent des troncs en bois véritable ou en bambou, ce qui permet de réduire significativement leur impact carbone tout en les rendant en partie biodégradables.

La réalité n’est ni toute rose d’un côté ni toute noire de l’autre : tout dépend de la longévité et de la manière dont les sujets sont conservés. Opter pour l’artificiel est un choix légitime. Si vous n’avez pas la main verte, ou si entretenir des plantes vivantes est compliqué pour diverses raisons, une fausse plante peut être préférable à plusieurs plantes naturelles qui finissent desséchées en quelques mois. Et si l’on tient à comparer naturel et artificiel, autant le faire avec une approche responsable : gardez votre plante le plus longtemps possible, idéalement plus de 10 ans. Et si vous souhaitez vous en séparer, pensez à lui offrir une seconde vie en la donnant, plutôt que de la jeter.

En définitive, est-il vraiment pertinent d’opposer le naturel et l’artificiel ? L’un n’exclut pas l’autre. La plante artificielle est avant tout un objet d’agrément au même titre qu'un élément décoratif. Choisissez celle qui vous convient le mieux pour vous sentir bien chez vous. 

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